samedi 18 janvier 2014

Base militaire

26 nov. 2013

             La journée du 26 novembre aura été une excellente journée malgré les multiples crevaisons d'un de nos camarades. Le premier moment fort de la journée est la traversée de la base militaire de Pendleton. La cyclistes sont autorisés à la traverser en suivant les routes établies, évitant ainsi un bout de la route principale très passante. On est tous impressionnés par les gros chars d’assaut qui nous dépassent, les hélicoptères qui font des exercices au-dessus de notre tête et par les militaires qui s'entraînent à ramper et à grimper, comme dans les films. Alors qu'on répare la 2e crevaison de John #2, qui lui est américain, on est rejoint par Steve et Dawn, le couple du Pays de Galles. Tout le monde meurt de faim et on arrête donc chez Dennys, une chaîne de restaurant où on peut commander le déjeuner du bûcheron qui comprend oeufs, bacon, saucisses, jambon, crêpes, patates et rôties. On laisse nos assiette complètement vides avant de repartir en direction d'Océanside.

                   Le soleil est chaud et on sent la fin approcher. L'océan est invitant et on fait une pause afin de s'y tremper les pieds. Bien décidée à m'y baigner au moins une fois avant la fin du voyage, je profite du fait que l'eau me semble moins glacée qu'à l'habitude pour m'y jeter toute habillée. L'eau est un peu froide, mais pas assez pour m'empêcher de m'y baigner pendant plusieurs minutes. Je finis par en ressortir et me mettre au sec, puis on se rend tous ensemble jusqu'au camping en passant devant plusieurs belles plages. Les gars réparent en chemin la 3e crevaison de John... puis on arrive finalement au camping où on se voit attribuer la section faisant face à l'océan. Très bel endroit pour une dernière nuit de camping. 

                  Demain, ce sera San Diego déjà. Qui aurait crû que je me serais rendue si loin? Pas moi, et pas mon frère non plus, ça je peux vous le dire! Je me sens un peu émotive à l'idée de voir la fin du trajet si près et de savoir que notre beau groupe serait bientôt dispersé. On s'habitue à pédaler tous les jours et je dois avouer que je n'ai pas vraiment envie d'arrêter.

Base militaire

Crevaison #3, les gars vont avoir bien mérité leur souper!

Encore plusieurs km de plages!

mercredi 15 janvier 2014

Journée infernale

25 nov. 2013

         Je m'entends avec Bob pour partir vers 7h-7h30 puisqu'on a une grosse journée devant nous. À mon réveil, je trouve une note disant qu'il ne dormait plus et qu'il est parti plutôt. Un peu déçue, je décide de profiter un peu plus longtemps de mon lit qui est plutôt confortable.

         Résultat: je ne pars que vers 9h45. Ça ne me laisse qu'environ 7h pour faire les 115 km qui me séparent du prochain camping. Comble de malheur, une fois les pistes cyclables des plages environnantes passées, l'itinéraire proposé par mon livre se transforme en une randonnée très désagréable. Pas d’accotements, beaucoup de véhicules souvent pas si courtois que ce à quoi on a été habitué, des autoroutes avec des sorties dangereuses à traverser à vélo, des tonnes de feux rouges pour me ralentir et l'aiguille de ma montre qui continue de tourner et le soleil de descendre.. Mes phares de vélo ne sont pas en très bon état et je ne veux pas rouler à la noirceur, encore moins sur cette route. Et le soleil se couche tôt maintenant, vers 17h il commence habituellement à faire noir très rapidement. 

         Heureusement que je rencontre quelque personnes très sympathiques en chemin, mais toujours très brièvement puisque je cours après le soleil.. Les rencontres se font en roulant ou encore en attendant que la lumière tourne au vert à une intersection. Il n'en reste pas moins que ces courts échanges m'ont donné l'énergie de continuer ma journée. Vers la mi-trajet, je m'arrête deux minutes pour m'acheter de l'eau avant d'être complètement à sec. Je grignote un ou deux trucs en roulant, je sais que je ne peux pas vraiment me permettre d'arrêter pour une pause plus longue si je veux arriver avant la nuit... Je suis fatiguée, l'énergie se fait plus discrète, contrairement à mon genou qui lui me laisse clairement savoir depuis déjà un bon 40 km qu'il me déteste de pousser autant. Je redouble d'attention, sachant que si mon énergie diminue, les véhicules, eux, ne se font pas moins nombreux, bien au contraire. Il n'est pas question de terminer la journée sur un accident.

         J'arrive finalement vers 16h45, rejoint à l'accueil par le couple du Pays de Galles qui eux arrivaient d'un peu moins loin. Heureusement que la distance de demain sera moins grande parce que les tylénols et advils que je prends ne font pas plus effet sur mon genou que des bonbons.. Je suis vidée, j'ai mal et je meurs de faim. Mais j'ai réussi. Je monte ma tente sans dire un mot et je me couche tôt.

         Vous verrez dans une prochaine note qu'un chemin différent et beaucoup plus agréable était possible. Alors pour ceux qui envisage ce trajet, suivez l'itinéraire suggéré par Adventure Cycling Association et surtout pas celui suggéré par le livre Bicycling the Pacific Coast de Vicky Spring et Tom Kirkendall (le reste du livre était généralement très pertinent, mais éviter si possible cette section de la route, surtout aux heures de pointe!)

Pas mal quand même, non?

Ça, c'est avant que la route se gâte..

Entretien de vélo

24 nov. 2013

          Un petit tour sur la plage et une réparation de crevaison et bon nettoyage de mon vélo. Rien de bien spécial à vous raconter aujourd'hui.

Plage de Santa Monica avec sa merveilleuse piste cyclable.

Los Angeles

23 nov. 2013

               Une visite de downtown Los Angeles ma fait réaliser que je suis sûrement en train de passer à côté des choses intéressantes à faire dans cette très grande ville... Je débarque sur une rue qui déborde de sans-abris et je rencontre un jeune dans l'autobus qui est sûr que je le juge différemment parce qu'il est noir et qui me raconte que ça lui manque d'avoir des amis. Il me parle de la vie, prend du pot (médical bien sûr.. uhm uhm...) et me dit travailler dans la porno. C'est à ce moment-là que je me dis que j'en ai eu assez de trucs bizarre pour la journée et que je prends congé de lui pour refaire l'heure et demi de bus que ça me prend pour retourner à l'auberge. En attendant l'autobus, je vois des gens filmer une scène d'une fille dans un char qui roule pas vraiment... qui sait, ça sera peut-être dans le prochain James Bond, on est à LA après tout.

                 La soirée s'avère cependant beaucoup plus intéressante. Je revois d'abord Cristian, que j'avais rencontré à l'auberge de San Francisco. Puis on embarque avec John, qui a loué une auto, afin de se rendre près de l'enseigne de Hollywood. Mission réussie après plusieurs détours, mais mon coup de coeur est assurément la vue sur la ville à partir de l'observatoire. Vous y trouverez d'ailleurs un énorme pendule, qui semble bouger, mais qui apparemment ne bouge pas. Le pendule serait fixe, alors que nous serions en mouvement. Troublant.

                 Puis finalement, le moment tant attendu de la soirée: je retrouve le couple d'Anglais! Après quelques semaines à pédaler chacun de notre côté, on en a beaucoup à se raconter. La rencontre est trop courte à mon goût, mais ça ne me donnera qu'une raison de plus d'aller leur rendre visite à Londres un de ces jours! Leur voyage se termine à LA, mais j'ai bien l'impression que ce ne sera pas leur dernière aventure à vélo!


Bob, moi et John

Bob, moi, Emma et Tom

LA illuminée

On arrive en ville!

22 nov. 2013

            Los Angeles est un autre point marquant du trajet, représentant la fin pour certains, ou une étape importante pour d'autres. Les plus ambitieux d'entre nous partent tôt, avec l'intention de traverser Los Angeles sans s'y arrêter et faire les 70 miles qui mènent au prochain arrêt abordable. Les deux Canadiens et le couple d'Anglais sont déjà à Los Angeles, ils y sont arrivés bien avant moi finalement. Le vent a fait tombé quelques branches pendant la nuit et sa force et sa direction en convainc quelques-uns de repousser leur arrivée en ville au lendemain. Je décide de prendre ce fort vent de face comme un défi et je dois dire que j'apprécie le travail malgré le flot de voiture qui devient  rapidement incessant.

           Je ne peux m'empêcher de repenser aux premières montées de mon voyage, à peine un mois ou deux plus tôt, qui m'ont donné tellement de difficultés au départ. Aujourd'hui, les km passent à une vitesse acceptable sous mes pneus malgré les bourrasques de vent qui menacent parfois de me jeter sur le côté ou même de m'arrêter. Je monte les courtes, mais parfois abruptes pentes, sourire aux lèvres et sentant la puissance dans mes jambes. J'ai le coeur qui se gonfle de fierté à l'idée de m'être rendu si loin déjà et je donne toute l'énergie que j'ai pour confronter ce puissant vent. John, qui a aussi décidé de braver le vent, se tient devant avec une longueur d'avance, mais ça ne me donne qu'une raison de plus d'accélérer lorsque je vois qu'il gagne du terrain sur moi et je finis toujours pour le rejoindre, quelque part en haut d'une côte.  

            Je ne peux passer sans m'arrêter sur une des plages de Malibu... Je m'y trempe les pieds dans l'océan et j'aperçois avec bonheur la tête d'un phoque qui nage doucement juste devant moi. On mange une soupe thaï pour dîner et après quelques miles à serpenter sur la piste cyclable de la plage de Santa Monica, entre palmiers et terrains de volley-ball, je m'arrête à l'auberge de jeunesse de Santa Monica où je passerai les prochains jours. 

              On profite d'être en ville pour se promener sur 3rd Street, une rue piétonnière où l'on trouve boutiques et restaurants, pour manger de la pizza et aller au cinéma. On va aussi prendre une bière avec Bob qu'on a retrouvé, il a lui aussi décidé d'affronter le vent! 

              Belle journée! 

Les mythiques plages de Malibu!

Le petit point noir dans l'eau, sur la gauche...
c'est la tête du phoque qui venait me tenir compagnie :)

Santa Monica

Santa Monica

Coucher de soleil sur la plage de Santa Monica

Feu de camp

21 nov. 2013

         La bière a finalement été un peu trop bonne la veille, le départ du camp est un peu lent. C'est une autre chaude journée, marquée par un dîner de fish and chips et l'horreur de devoir arrêter dans des toilettes publiques... sans portes. La soirée au camping en est une comme je les aime. Les tables de pique-nique sont pleines pendant le repas, tout le monde a une histoire de raton-laveurs à raconter, chacune plus tordue que celle du voisin, et on se tient près du feu de camp pour profiter de sa chaleur. Demain, on fera notre entrée à Los Angeles.

Ralentir le temps

20 nov. 2013

             Je sens la fin du voyage arriver en même temps que le nombre de miles restants pour Los Angeles diminue et je préférerais retardé un peu le moment fatidique où je devrai remballer mon vélo. Je profite donc d'une journée de repos complète à Carpinteria pour vous donner des nouvelles, profiter du soleil, marcher dans le village et aller prendre une bière avec l'ensemble du groupe en soirée.

             Pendant que je jase avec un de nos voisins de camping, j'ai la chance d'assister à un spectacle un peu spécial: observer un héron bleu chasser un petit rongeur sur la terre ferme et le voir l'avaler, difficilement, d'une seule bouchée.


lundi 13 janvier 2014

Santa Barbara

19 nov. 2013

         Quand je vous dis qu'on finit par tous se croiser ici et là, et bien en voici un autre exemple alors qu'on voit passer John, l'Irlandais rencontré à San Francisco, pendant qu'on mange un burger. On l'appel et il vient nous rejoindre, tout heureux de revoir des visages connus. On est à Santa Barbara et après avoir pris le temps d'envoyer quelques messages, de passer au magasin de vélo pour réparer le vélo de Bob et de s'être bien rempli l'estomac, notre destination pour la nuit est Carpinteria. John fait un bout de chemin avec nous et je suis contente de voir que le camping combine autant accès à la plage que proximité au village. J'ai déjà en tête d'y rester deux jours, ce n'est pas toujours facile de combiner plage et accès à la civilisation...

          On rencontre Katie, une fille qui voyage seule. Elle nous propose d'aller prendre une bière en soirée et nous partons finalement elle, John et moi à la recherche d'un endroit sympa où faire connaissance avec les locaux. On atterrit finalement dans un petit bar où on joue au ping-pong avec quelques gars chauds, au pool avec quelques gars encore plus chaud, puis quand le bar ferme on va fermer la pizzeria d'à côté aussi. On termine ça avec un petit tour sur la plage puis vers 1h30, tout le monde est couché. C'est sans aucun doute la soirée qui se termine le plus tard de tout le voyage!

Université de Santa Barbara


Santa Barbara

El Refugio

18 nov. 2013

            J'ai été encore une fois malade pendant la nuit et cette fois la journée est beaucoup plus difficile. En avant-midi on monte notre dernière côte, rien de très impressionnant, mais ça monte tout le temps pendant un bon moment. Le vent n'est pas en notre faveur et j'ai encore quelques nausées qui me font douter que je vais pouvoir me rendre au sommet sans devoir m'arrêter. Comme toujours, je réussis et après une pause repas qui me redonne de l'énergie, on reprend la route en se disant que notre dernière montée notable de la côte californienne est maintenant dernière nous. 

           En passant devant le camping El Refugio, je décide que j'en ai assez pour aujourd'hui. Bob est bien d'accord aussi, surtout après avoir vu les palmiers et l'océan qui borde notre campement. On est rejoint par Will qui arrête nous dire bonjour et par le couple du Pays de Galles qui s'y arrêtent aussi pour la nuit. 



Passage dans les terres

17 nov. 2013

           Au courant de la journée, on traverse une zone particulièrement intéressante qui comprenait de nombreux champs de culture: de la laitue, des fraises, du chou et plusieurs autres légumes que je n'ai pu identifier. C'est un moment du voyage que j'ai bien aimé, alors qu'on avait l'impression d'avoir complètement changé de région et de s'être glissés discrètement dans un endroit  où on détonait un peu. On voyait les gens travailler tête baissée, puis tous arrêter pour une pause au son de la cloche. Ça sent bon les fraises, mais personne n'ose se risquer à en piquer une, même pas parmi celles qui traînent au bord du chemin.

           C'est une autre journée chaude et on accepte volontier les bouteilles d'eau qu'un gentil bénévoles nous offre à l'entrée d'un village. On s'y arrête un moment pour faire le plein d'énergie puis on entreprend une montée de près de 1000 pieds. Une fois de plus, la pause au sommet se transforme en point de rassemblement. Partant à peu près en même temps le matin et allant à peu près à la même vitesse, on a maintenant l'habitude de tous se croiser ici et là à plusieurs reprises pendant la journée. On est plusieurs à arrêter au camping de Lampoc (qui n'était d'ailleurs pas le plus rassurant...), les autres poursuivent leur route jusqu'au prochain camping. 

Rouler pour rouler

16 nov. 2013

          Je ne trouve pas toujours facile de rouler en groupe, les vitesses diffères, les besoins et les envies aussi. Mais bien qu'on roule à deux aujourd'hui, Bob maintient une bonne vitesse toute la journée, une vitesse qui me convient très bien. Je le laisse donc filer devant et sans devoir me préoccuper de ralentir ou d'accélérer, je pousse sur les pédales autant que le coeur me le dit et je laisse mon cerveau décrocher et penser à autre chose. J'ai l'impression pendant un moment de pédaler de nouveau seule... ça me manquait.


          En fin de journée, on traverse une section apparemment beaucoup plus riche de la côte, avec de belles et grosses maisons, des palmiers, des touristes... et pas de camping pour les cyclistes (il est habituellement possible de trouver des sites de camping pour les cyclistes et les randonneurs à des prix variant entre 5 et 10$). Heureusement, on est rejoint par le couple du pays de Galles et on peut donc partager un site de camping avec eux, ce qui rend le coût de la nuit plus acceptable. 


Tortillas sur le feu de camp

15 nov. 2013

                 La nuit a été courte, j'ai été malade sans raison apparente. Au petit matin, tout semble être de nouveau sur la bonne voie et je réussis à prendre un bon déjeuner avant de reprendre la route. On a encore deux montées significatives à passer aujourd'hui et on se retrouve tous une fois de plus au sommet de l'une d'elle. Un vent de dos nous aide pour la suite du trajet et on est plusieurs à arrêter dire bonjour à une colonie d'éléphants de mer. On est encore un beau groupe encore ce soir au camping et Elvis, qui a des origines latino-américaines dans sa famille, montre au couple du Pays de Galles comment faire cuire des tortillas sur le feu de camp. 


De nombreux éléphants de mer sont étendus au soleil sur cette plage.

Étonnant de trouver des zèbres au milieu de nul part..
même s'ils ne sont pas sauvages!

Là où le litre d'eau coûte 6$

14 nov. 2013

              Aujourd'hui, ça monte à deux reprises. Une fois jusqu'à environ 700 pieds et la seconde jusqu'à 900. À un des sommets, on retrouve presque l'ensemble des cyclistes qu'on a croisés dans les derniers jours, tous faisant une pause au seul dépanneur-restaurant du coin. Le prochain endroit où trouver de la nourriture étant à plusieurs miles, les prix sont exorbitants. J'ai déjà mes provisions, ce qui m'évite de payer une petite fortune pour mon souper. On se permet par contre une crème glacée afin de se récompenser de nos efforts en cette journée plutôt chaude!

               On arrête tous au prochain camping, qui s'avère être un excellent choix avec vue sur l'océan. Il y a Will, l'Australien, Elvis et Zeb, les deux Américains qui font une section de la côte sur leur "fixies" (Des vélos à une vitesse dont les pédales sont fixées et qui doivent donc obligatoirement continuer de pédaler en descendant... Je leur lève mon chapeau de réussir à traverser ces côtes californiennes!), Michel, qui a déjà été postier à vélo et qui s'est joint aux "fixies" en chemin, Brent et Rawley, les deux Canadiens, Bob, l'Américain et Steve et Dawn, un couple très sympathique du Pays de Galles. 

Los Angeles n'est plus très loin devant!



Drôle de ciel..

Un autre beau coucher de soleil!

Big Sur

13 nov. 2013

               Ceux qui ont acceptés de nous laisser partager cette chambre d'hôtel à 4 n'ont sûrement pas réalisé ce qu'impliquait d'avoir quatre cyclistes affamés qui profitent du déjeuner à volonté inclus dans le prix de la chambre... Oeufs, bacon, muffins, pâtisseries, fruits, yahourts, rôties et céréales... on a probablement mangé pour la moitié du prix de la chambre! Pour bien commencer cette pause de luxe, j'ai commencé ma journée.. par une sieste tout de suite après le déjeuner! 

                    L'itinéraire de la journée nous amenait à traverser une section bien connue de la côte californienne: Big Sur. Bien connue des automobilistes aussi, notre attention était partagée entre le paysage et la surveillance des autos qui passaient près de nous. 

                     On s'arrête pour la nuit dans un camping où le gardien bénévole tentait de nous décourager d'y rester. Peut-être avait-il des parts dans le camping suivant, mais il n'en reste pas moins que ses histoires de couguars et d'absence de douches ne nous ont pas effrayé pour un sous. Nous avons en fait bien apprécié ce camping autant pour l'endroit où il est situé (on a l'impression d'être dans un vallée au centre de quelques montagnes) que pour sa tranquillité (il n'était possible d'y entrer qu'à pied ou à vélo par une deuxième entrée, donc peu de gens étaient présents). On profite du fait que le soleil soit encore haut pour grimper sur un pan de rocher et traverser une section peu profonde d'eau glacée afin d'accéder à un bras de plage. Il vente beaucoup et c'est un peu trop frais à notre goût sur le bord de l'eau donc on retourne rapidement à l'abris du vent pour profiter des dernières lueurs du soleil avant que ça ne rafraîchisse pour la nuit.



Le pont de Big Sur 


La route qui serpente le long de la côte

Carmel-by-the-sea

12 nov. 2013

             Carmel-by-the-sea. Il fait beau soleil, il fait chaud, il est encore très tôt en début d'après-midi et on s'arrête pour manger une bouchée. On est deux à être tentés d'y rester pour la nuit, un qui pourrait rester ou continuer et un qui aurait envie de continuer. Le négociateur en chef du groupe a réussi à nous trouver un hôtel à un prix raisonnable qu'on nous a autorisé à partager à 4. À ce prix-là, je suis décidée, je ne fais pas un mile de plus sur mon vélo aujourd'hui. C'est peut-être un village bien touristique avec des boutiques d'art affichant des prix exorbitants, mais il n'en reste pas moins qu'il y a tout ce que j'ai besoin à proximité: une bibliothèque pour vous donner des nouvelles, un lit à l'hôtel, une épicerie où aller me chercher de quoi manger et quelques bancs bien placés au soleil. C'est encore une fois du luxe, mais ça fait différent de dormir dans une tente à tous les soirs ;)
       

Manque d'énergie

11 nov. 2013      

              Malgré mes 8-9 heures de sommeil des dernières nuit, je suis fatiguée et  je manque d'énergie. Faut dire que depuis le début du voyage, mes nuits se rapprochent plus du 10-12 heures de sommeil et je ferais volontier des siestes d'après-midi si je me permettais de le faire.. Je trouve la journée difficile, d'autant plus qu'elle se termine sur une bonne montée jusqu'au camping qui surplombe la ville de Monterrey. Je me couche tôt et me réveille beaucoup plus reposée le lendemain.

Des champs de fraises à perte de vue... ça sent bon!



Juste "15 minutes"

10 nov. 2013

             Direction Santa Cruz aujourd'hui. Avant de partir du camping, on discute rapidement avec une famille de néo-zélandais qui voyage avec leurs deux enfants d'environ 10-12 ans. Ce n'est pas la première famille qu'on rencontre et chaque fois, ça m'impressionne un peu. Dans leur cas, ils voyagent en tandem, les enfants à l'avant de chacun des deux vélos, en position semi-couchée, et les parents à l'arrière, en position assise et ayant le contrôle du guidon. 

              Ça me rappelle que je ne vous ai pas parlé du père et du fils qui voyageaient à vélo ensemble depuis l'Alaska, jusqu'au Mexique. Lorsqu'on les a rencontrés, le fiston venait tout juste d'avoir 14 ans! Toute une expérience de vie pour un enfant de cet âge-là!

             Malgré cette assez longue, 92 km au total, on décide de s'arrêter un moment à un kiosque de confiture. Ils y vendent plusieurs délicieuses choses à manger en plus des échantillons de confiture, alors on y prend notre collation et tant qu'à y être, on en profite pour faire une partie de dames!

             Le soir, on est accueillis chez des amis de Bob, qui demeurent apparemment à 15 minutes de notre chemin.  Prenez vous le pour dit: quand quelqu'un vous dit que ça prend 15 minutes pour vous rendre quelque part... ça ne prend jamais vraiment 15 minutes... Voilà qui nous a donc pris beaucoup plus de temps que prévu  pour monter (le mot étant bien choisi..), dans le noir, au travers des redwoods, jusque chez nos hôtes pour la nuit. On passe une belle soirée et on nous offre même le repas. Mais si vous me demandez de quoi a l'air Santa Cruz.. j'en ai aucune espèce d'idée! 

Une auberge de jeunesse... dommage qu'elle affichait complet pour la nuit!

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jeudi 9 janvier 2014

Vol nocturne

9 nov. 2013

         Après un moment d'hésitation, j'accepte l'offre des 2 Canadiens et de Bob, l'Américain, de repartir en groupe de San Francisco. Une surprise nous attend avant notre départ, on revoit Hon, un Vietnamien qu'on avait croisé à vélo à plusieurs reprises dans les semaines précédentes. Il vient nous rejoindre avec son grand sourire et sa chemise hawaïenne et, surtout, sans vélo. Il a finit son voyage et prend l'avion bientôt. 

       Suivant les au revoirs, je présente un nouveau cycliste au groupe: John, un Irlandais. Il en est encore aux préparatifs, mais nous rejoindra peut-être un peu plus tard si on a la chance de se revoir sur la route. 

       On reprend donc finalement la route, avec un petit vent de face pour nous ralentir et la plage et ses surfers à notre droite compense pour le traffic plutôt désagréable à notre gauche. Un peu plus loin, Rawley fait son seul et unique crevaison du voyage (donnant un coup dur aux statistiques encore parfaites de ses apparemment intuables pneus "Schwalbe Marathon"), qui sera réparée les deux pieds dans le sable.

         Le reste de la journée se déroule sans anicroche... jusqu'à ce qu'après un bref détour par la plage, je découvre à mon retour à ma tente qu'un de mes sacs de vélo a disparu! Celui avec la nourriture, bien entendu.. Et après un soupçon momentané porté sur un de mes compatriotes, je rabats rapidement mes doutes sur le plus plausible coupable: nos chers amis les ratons-laveurs! Je suis déjà en train de me demander comment je vais bien pouvoir balancer le reste de mon équipement sur mon vélo avec seulement 3 sacs lorsque j'aperçois la bande réfléchissante briller sous la lumière de ma lampe de poche quelques terrains de camping plus loin. Heureusement, mon retour avait dû les surprendre et en plus de m'avoir laissé toute ma nourriture, ils n'ont pas eu suffisamment de temps pour planter leurs griffes et leurs petites dents pointues dans mon sac acheté à grand prix pour ses valeurs imperméables... Voilà qui a passé tout près de monter à 2-0 le pointage des ratons-laveurs contre moi!
       


Les 2 pieds dans le sable en quittant San Francisco 
Pas toujours facile, mais on ne lâche pas!

Un autre tunnel


Golden Gate Bridge

8 nov. 2013

                   Mon seul projet de la journée: aller faire acte de présence sur l'incontournable pont de San Francisco. Je discute avec quelques personnes en chemin, me retrouve avec un inconnu sur une photo, fais quelques appels à la maison et passe une soirée mémorable avec deux personnages qu'on peut difficilement oublier. On partage nourriture, histoires et fous rires et terminons tous la soirée un peu plus heureux qu'à notre arrivée dans cette cuisine.


Golden Gate Bridge

Un inconnu qui avait envie de partager! 
Golden Gate Bridge

À l'entrée du pont

Soirée mémorable avec Cristian et Peter!

Liberté


6 nov. 2013

        Après un mois à voir le paysage défiler à environ 18-20 km/h, se déplacer à pied semble maintenant prendre une éternité. Je profite donc d'avoir un endroit stable où dormir pendant quelques jours pour me libérer de la majorité de mes bagages et de partir à la découverte d'une partie de la ville sur mon vélo qui me semble maintenant être un bolide de course malgré ses 35 livres. Il faut dire qu'en ajoutant un équipement de camping, de la nourriture et de l'eau, des vêtements chauds pour le soir, quelques cartes routières et un livre de lecture et on atteint rapidement les 40 livres additionnelles. Mes jambes étant maintenant habituées à traîner tout ce poids supplémentaire, cette randonnée sans bagages me permet de monter aisément et sans essoufflement la majorité des côtes très à pic de San Francisco. 

       Je zig-zag au travers du Presidio et du Golden Gate Park avant de rejoindre un contact qui m'a gentillement offert de me faire visiter le département de transplantation de l'hôpital où elle travaille. J'y passe quelques heures et me retrouve même à assister à une de leur réunion! 

           La veille au soir, je me sentais un peu seule après que tous les membres de notre groupe soient partis chacun de leur côté. Mais rapidement, cela a laissé place à ce sentiment de bien-être d'être complètement libre d'aller où on veut, quant on veut et, surtout, de retrouver cette facilité à rencontrer de nouvelles personnes comme on ne peut le faire que quand on voyage seul. J'en profite pour faire le point sur cette première section de voyage, puis je discute avec James et partage une bouteille de vin avec Christian. Ça rit, ça se raconte des histoires, ça jase de la vie, le juke box ne dérougit pas et ça sent bon les différents repas qu'un peu tout le monde vient se cuisiner.  
        


Derrière l'auberge

Des bateaux :)


Vue sur San Francisco du haut d'un hôpital

Ne croyez pas que c'est parce qu'on est en ville
que c'est plat..