Je me réveille tôt, au son du
vent qui commence à se faire sentir menaçant. Celui-ci ayant changé de
direction au cours de la nuit, ma tente n’est plus dans la bonne direction et
les murs de toile se font pousser d’un côté puis de l’autre. Je jette un coup d’œil
à l’extérieur, les nuages me font craindre la venue d’un orage… Je décide d’abord
de solidifier ma tente avec une corde attaché à un poteau, mais comme le vent
ne fait qu’augmenter en intensité, je juge finalement plus sûr de tout serrer
rapidement dans mes sacs et de ramasser ma tente en prenant soin de ne pas en
perdre un seul morceau au vent. Je vais voir mon compagnon cycliste pour m’assurer
que tout est sous contrôle de son côté, il est décidé à plier bagages et à affronter le vent. Quant à moi, j'hésite, je vais plutôt me réfugier avec l’ensemble
de mes biens dans les toilettes du camping, qui sont d’ailleurs d’une propreté
surprenante, en attendant de voir si le vent se calmera. Il fait beaucoup plus chaud à l’intérieur et je suis vite rejointe
par une autre cycliste que je n’avais pas encore rencontrée : Amy, la
seule autre fille cycliste voyageant solo que j’aie rencontrée du voyage.
Il n’en fallait pas plus pour qu’on
tourne cette journée trop venteuse pour oser prendre la route en une vraie
rigolade, en grande partie passée dans les toilettes. On ne pouvait demander
mieux : on était protégées du vent et du froid, on avait les toilettes et les douches, de
l’eau et de l’électricité à porter de main et même internet(!!). Après avoir fait cuire notre
déjeuner à l’intérieur, on se fait inviter par un couple de Québécois à se
joindre à eux dans leur campeur pour un café. Rien de mieux qu’un peu de social
pour laisser passer ces rafales de vents allant jusqu’à 45 mph (72 km/h!!!). Puis
après plusieurs heures de fous rires dans les toilettes, à échanger précieux conseils et anecdotes de voyage, on finit par décider d’aller
faire un tour au bureau à l’accueil pour jeter un coup d’œil sur leur petite
exposition… mais surtout pour aller voir s'ils ont un peu de nourriture à vendre. Le choix est limité, mais on a le luxe d'une crème glacée et d'un sac de chips. On finit par revenir se faire à souper (dans les toilettes bien sûr!) avec nos restants: ce sera des pâtes avec du thon et un avocat. Faut bien être deux cyclistes affamées pour trouver que ce repas de pâtes sans sauce et aux allures verdâtres est un vrai délice! Heureusement
le vent s’est calmé avant que vienne le temps de réinstaller les tentes.
Non mais quand même, passer deux nuits dans un parc où il est possible d’aller observer dans les canyons certains des
plus anciens pictogrammes amérindiens pour finalement passer la journée dans
les toilettes! Vous pouvez certainement faire mieux! Je crois cependant que vous aurez de la difficulté à rire autant que nous! Une chose est sure, je lève mon chapeau aux Parcs d’État du
Texas qui ont souvent des blocs sanitaires impeccables en plus d’avoir de très
beaux parcs!
Dommage que je sois si fatiguée,
cette nuit est spéciale avec son éclipse lunaire. J’y jette un coup d’œil vers
les 4h du matin, mais elle n’est que partielle.
| Amy dans notre "cuisine" ultra-moderne! On avait même de la musique! ;) |
| Seminole Canyon State Park |
| La lune à 4h du matin |
Au matin, Amy poursuit sa route vers l’Ouest et moi vers l’Est, donc c’est ici que se termine notre intense rattrapage de socialisation! On se souhaite bon voyage, ce soir 250 km seront entre nous.
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| Les deux seules filles en solo de tout le Southern Tier qui se font le relais presqu'à mi-chemin pour aller chacune conquérir l'autre moitié du pays! |

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